Investir en actions, en connaissance de cause
Acheter une action, c’est parier sur une seule entreprise. Avant de vous lancer, mesurez ce que vous risquez, fixez-vous des garde-fous et écrivez vos règles à froid.
Ce qui change avec une action seule
Un ETF répartit votre argent sur des centaines d’entreprises. Une action vous expose à une seule : ses bonnes nouvelles, mais aussi ses accidents.
Tout repose sur un seul nom
Une entreprise peut perdre la moitié de sa valeur en quelques jours, ou disparaître. Wirecard a fait faillite en 2020 après une fraude ; les actionnaires d’Orpea et de Casino, deux noms connus du grand public, ont perdu la quasi-totalité de leur mise entre 2022 et 2024.
Des secousses bien plus fortes
Une action varie en général deux fois plus qu’un grand indice. Une baisse de 40 % ne demande pas de crise : un résultat décevant, un procès ou un concurrent suffisent.
Peu d’actions font la performance
Une étude de Hendrik Bessembinder (2018) portant sur 26 000 actions américaines de 1926 à 2016 montre qu’environ 4 % d’entre elles expliquent toute la création de richesse nette de la Bourse, et que plus de la moitié ont fait moins bien que de simples bons du Trésor.
Nos propres biais
Excès de confiance après un gain, peur de rater une hausse, refus de vendre à perte, préférence pour ce que l’on connaît : ces réflexes coûtent souvent plus cher que le choix de l’action lui-même.
Si vous y allez : les garde-fous
Investir en actions individuelles n’a rien d’interdit. Mais ceux qui durent le font avec des limites fixées avant d’acheter, jamais pendant l’émotion d’une hausse ou d’une baisse.
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01
Garder le cœur passif
Repère courant : l’essentiel de l’épargne investie reste sur des ETF diversifiés ; les actions individuelles n’en sont qu’une petite part, souvent 10 à 20 %.
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02
Limiter chaque ligne
Aucune action ne pèse assez lourd pour vous mettre en difficulté si elle perd 80 %. Beaucoup se fixent 2 à 5 % du portefeuille par ligne.
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03
Écrire ses règles avant d’acheter
Pourquoi j’achète, à quelles conditions je renforce, quand je vends. Une règle écrite à froid tient mieux qu’une décision prise sous le coup de l’émotion.
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04
Prévoir la baisse
Décider à l’avance de ce que vous ferez si le marché perd 30 % : c’est le meilleur moyen de ne pas vendre au plus bas.
Votre charte d’investisseur
Quelques lignes, écrites une fois et relues quand les marchés s’agitent : votre horizon, vos limites et vos propres règles. Le Petit Investisseur ne les juge pas et n’en suggère aucune.
- Horizon
- 15 ans
- Budget mensuel
- 300 €
- Part max. en actions individuelles
- 10 %
- Part max. par ligne
- 3 %
Mon objectif
Préparer un apport pour un achat immobilier dans 15 ans, sans toucher à mon épargne de précaution.
J’achète quand…
Je verse 300 € par mois sur un ETF monde, quoi qu’il arrive. Je n’achète une action que si je peux expliquer en trois phrases ce que fait l’entreprise et pourquoi je la garderais cinq ans.
Je vends quand…
Je vends une action si la raison pour laquelle je l’ai achetée n’est plus vraie, jamais parce qu’elle a baissé ou parce qu’un article en parle.
Je ne fais jamais…
Je n’emprunte pas pour investir. Je ne suis pas les conseils des réseaux sociaux. Je ne regarde pas mon portefeuille plus d’une fois par semaine.
Si le marché perd 30 %…
Si le marché perd 30 %, je ne vends rien, je continue mes versements et je relis cette charte.
Dernière étape du parcours
Une fois votre charte écrite, vous aurez les bases pour investir sereinement.